Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

  • La biodiversité, un enjeu financier

    La biodiversité contribue largement à l’économie française, et ce au moins de deux façons. En premier lieu, par le fait que l’activité économique dépend de la biodiversité pour les approvisionnements des entreprises, à travers le concept de services écologiques. Le constat en a déjà largement été fait par ailleurs, mais nos travaux ont cherché à aller plus loin en estimant les niveaux de dépendance secteur par secteur. Il ressort de notre étude que les secteurs fortement dépendants de la biodiversité génèrent près de 1,5 million d’emplois (soit 10% du total des emplois salariés) et 275 milliards d’euros de chiffre d’affaires. On observe également que ces secteurs représentent plus de 82 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’export, ce qui démontre que le bon état des écosystèmes, en métropole comme en outre mer, contribue positivement à la balance des paiements. Il s’agit ici d’une estimation prudente, ne retenant que les secteurs dont la dépendance directe fait qu’ils seraient immédiatement impactés par une dégradation de la biodiversité. Au delà, en tenant compte des dépendances indirectes tout au long des cycles de vie des produits, ce sont près de 80% des emplois français qui sont concernés par la biodiversité et qui subiraient les impacts d’une dégradation irréversible des écosystèmes. En deuxième lieu, la biodiversité contribue à l’économie française via les dépenses directes et indirectes liées aux activités de protection de la nature. Nous avons pu évaluer que ces activités contribuaient aujourd’hui, sur la base d’une estimation très prudente, à la création ou au maintien de 35.000 emplois, et contribuaient au PIB national à hauteur de 2,5 milliards d’euros. L’effet multiplicateur de la dépense liée à la biodiversité est significatif : chaque euro dépensé pour sa protection génère 2,64 € de production et 1,31 € de valeur ajoutée. Un million d’euros de ces dépenses engendre en moyenne 19 emplois non délocalisables. Face à ces constats, le secteur français de la biodiversité, dont les compétences et le savoir faire des acteurs sont reconnus internationalement, peine pourtant à exister et à se structurer. Il serait plus que temps que les pouvoirs publics s'emparent de ce thème majeur !