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  • Les marques, ces nouveaux médias

    Un défi fondamental se pose aujourd'hui pour les marques, qui ne doivent plus seulement être de simples marchands, mais doivent également se changer en médias. Avant-hier, j'ai participé à un colloque à Barcelone où plusieurs intervenants ont expliqué la révolution qu'est en train d'apporter le brand content. Ce levier est devenu presque un impératif pour les marques désireuses de durer. Car le brand content va tout révolutionner. Avec lui, la marque tient là l'occasion de devenir plus qu’un simple vendeur. Le contenu modifie profondément la façon avec laquelle on communique avec l'individu, et déploie l'influence de la marque au-delà de son univers commercial. La marque efface ainsi son profil de vendeur pour mettre en avant son statut d’animateur culturel, avec qui il est possible d'élaborer des relations plus privilégiées. Cet éloignement, même s'il est tout relatif, de la direction commerciale peut témoigner d'un certain détachement maîtrisé de la part de la marque. Que ce soit en faisant le choix de ne plus se concentrer exclusivement sur le produit pour le resituer dans un contexte culturel, que ce soit en exagérant la rhétorique marchande jusqu'au grotesque ou en malmenant le produit, la marque apprend à devenir plus divertissante, plus ludique, plus captivante. Comme les exemples l'ont montré, les consommateurs aiment tout particulièrement ce détachement. Ils y voient un signe de respect, et un indice de supériorité : le fait que la marque n’hésite pas à être davantage qu'une entité commerciale suggère qu'elle est convaincue de sa qualité. Au lieu de se focaliser sur le produit, la marque le présente ainsi aux yeux de tous, calmement, sûre d'elle et de la qualité de son offre. Les valeurs auxquelles une marque peut être liée dépendent grandement du genre de contenu produit. Le ton adopté, le synopsis, le thème développé peuvent rehausser très différemment la marque, mais cela permet en fin de compte de la rattacher à un contexte, contexte dont elle pourra éminemment profiter. Ce qui m'a vraiment impressionné lors de ce colloque à Barcelone, c'est de constater à quel point le brand content est l'outil de demain, celui qui déterminera l'avenir des plus grandes marques. Les marques françaises doivent à tout prix s'emparer si elles veulent avoir le moindre avenir dans le paysage culturel de demain. Suivez le lien vers le site de l’agence séminaire à Barcelone, organisateur du colloque, vous trouverez toutes les conclusions de l’événement sur leur site.

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  • Les dangers de la modernité

    Sans aucun doute, à l'approche de semblables périodes, l'humanité se trouve plus encore en danger qu'au moment où se produit l'effondrement et le tourbillon chaotique; et l'attente angoissée et l'exploitation avide de chaque minute suscitent toutes les lâchetés et tous les instincts égoïstes de l'âme, tandis que la détresse véritable et, en particulier, la généralité d'une grande détresse rendent les hommes meilleurs et leur prêtent une âme plus généreuse. A ces époques de péril, qui donc prêtera à la nature humaine, au trésor sacré et intangible que les générations successives ont peu à peu amassé, qui donc prêtera ses offices de gardien et de chevalier servant? Qui donc dressera l'image de l'homme, tandis que tous ne sentent au fond d'eux-mêmes que le ver de l'égoïsme et la peur cynique, s'étant détournés de cette image pour retomber dans l'animalité ou dans un rigide mécanisme? Il y a trois images de l'homme que notre temps moderne a dressées successivement et dont le spectacle enlèvera encore longtemps aux mortels toute velléité de glorifier leur propre vie: celle de l'homme de Rousseau, celle de l'homme de Gœthe et enfin celle de l'homme de Schopenhauer. De ces trois images la première a leplus de feu et elle est certaine de l'effet le plus populaire. La seconde n'est faite que pour le petit nombre, pour ceux qui sont des natures contemplatives de grand style; la foule méconnaît généralement cette image. La troisième exige que ce soient les hommes les plus actifs qui la contemplent. Eux seuls le feront sans dommage, car elle décourage les natures contemplatives et effarouche la foule. De la première, une force est partie qui poussa aux révolutions impétueuses et y pousse encore; car dans tous les frémissements socialistes et tous les tremblements de terre, c'est toujours l'homme de Rousseau qui se remue comme le vieux Typhon sous l'Etna. Opprimé et à moitié écrasé par des castes orgueilleuses et par des fortunes sans pitié, corrompu par des prêtres et une mauvaise éducation, ayant tout devant soi-même à cause de ses mœurs ridicules, l'homme, dans sa misère, en appelle à la «sainte nature» et il s'aperçoit soudain qu'elle est aussi éloignée de lui que n'importe quel dieu. Ses prières ne l'atteignent pas, tant il est enfoncé dans le chaos de l'anti-naturel. Il rejette avec mépris les parures multicolores qui, il y a peu de temps encore, lui paraissaient précisément être son humanité, ses arts et ses sciences, les avantages d'une vie raffinée; il frappe des poings contre les murs, à l'ombre desquels il a à ce point dégénéré; il en appelle à la lumière, au soleil, à la forêt, au rocher. Et lorsqu'il s'écrie: «La nature seule est bonne, seul l'homme naturel est humain», c'est qu'il se méprise lui-même et qu'il aspire à se dépasser. Dans de semblables conditions, l'âme est prête aux décisions les plus terribles, mais aussi à appeler de ses propres profondeurs ce qu'il y a de plus noble et de plus rare.

  • Le décrochage de l'île de France

    Les dernières études le montrent, la Région Ile-de-France décroche dans la compétition internationale des grandes métropoles, largement distancée en termes d'attractivité par Londres, New-York, Singapour ou Shanghai. Elle a reculé en 5e position en 2014, ayant perdu deux places en un an. Sa croissance économique reste faible. Son PIB par habitant ne la positionne plus qu'au 8e rang des régions européennes les plus prospères et les inégalités s'accroissent sur son territoire. La conséquence directe de cette situation est le départ à l'étranger de nombreux entrepreneurs, cadres et jeunes diplômés, notamment à Londres. Ces piliers de la croissance et de l'innovation sont attirés par un essor économique fort, une administration au service des entreprises, un marché du travail souple, des charges plus faibles et une installation facilitée. L'heure devrait être à la réflexion collective pour comprendre les causes de ce décrochage, mettre en place des politiques volontaires pour attirer les talents, les entreprises, les capitaux, les évènements à rayonnement mondial. Mais il n'en est rien. La Gauche, à la tête de la première région économique de France depuis dix-sept ans, subit la globalisation sans prendre la mesure du danger et sans réagir de manière appropriée. Les causes sont bien sûr multiples. Elles sont nationales, et les socialistes portent une lourde responsabilité : charges dissuasives; environnement législatif, administratif et fiscal instable; effets dramatiques des 35 heures... Dans ces conditions, nos TPE/PME, qui sont la clé de l'emploi et de l'investissement, peinent à se développer. Au niveau régional, nous payons au prix fort ces années d'attentisme de gauche, ce mépris affiché pour les entrepreneurs qui prennent tous les risques, ce manque de réalisme et de vision économique dans cette concurrence internationale féroce. Les dispositifs régionaux de financement et d'accompagnement sont dispensés selon des critères idéologiques imposés par la gauche sans évaluation préalable des besoins réels des entreprises. La majorité actuelle persiste et signe dans une vision manichéenne de l'action publique. Pourtant créer de l'activité économique et de l'emploi ne se décrète pas, encore moins en orientant l'essentiel de ses soutiens vers les seuls secteurs de l'économie sociale et solidaire et du développement durable, enjeux stratégiques au demeurant. La région doit être à l'écoute des 900 000 entreprises franciliennes, dont 40% n'ont pas de salarié, mais un potentiel d'embauche considérable. Elle doit ajuster ses actions en fonction de leurs besoins, les rationnaliser, les simplifier et les stabiliser dans le temps. Ainsi moins de 1% des entreprises franciliennes bénéficient des aides régionales, qui sont méconnues, lourdes, complexes et ne couvrent pas certains champs d'intervention, pourtant essentiels au développement de l'entreprise (numérique, export, RH, juridique). Les crédits votés chaque année ne sont donc pas totalement dépensés. Les infrastructures de transport ne sont pas à la hauteur des enjeux franciliens. Elles se dégradent, accumulent les dysfonctionnements et sont saturées. Le Grand Paris Express prend du retard alors que ce projet est porteur de mobilité et de création d'emplois pour nos PME. Un plan d'urgence dans les transports, avec des investissements conséquents, est plus que nécessaire. La gouvernance institutionnelle est incompréhensible pour les entreprises et les investisseurs étrangers en raison d'un empilement des structures administratives (la création de la Métropole du Grand Paris ajoute à la confusion), une multiplicité d'interlocuteurs et des doublons dans les mécanismes de décision. Elle gagnerait beaucoup en simplification et en unification. Notre région n'a pas su prendre le virage de la mondialisation des économies ni expliquer nos compétences distinctives par rapport aux autres métropoles et valoriser nos points forts. Enfin, la place financière de Paris décroche. Pourtant, l'Ile-de-France dispose d'atouts considérables: une situation géographique au carrefour des échanges européens et mondiaux, l'image de marque attractive de sa capitale, une qualité de vie reconnue, une destination touristique incontournable, un potentiel d'innovation important, une main-d'œuvre performante, un enseignement supérieur de qualité. Face à la concurrence des métropoles, le Grand Paris initié par Nicolas Sarkozy est une chance considérable. Encore faut-il ne pas passer à côté de ce projet économique d'envergure et se donner les moyens politiques et financiers de le réussir ! Les JO de 2024 ou l'exposition universelle de 2025 à Paris pourraient être également de formidables relais médiatiques d'attractivité et de dynamisme.