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Le doigt dans l'engrenage

  • Baclofène ou alcool ?

    Parfois présenté - à tort - comme un médicament miracle contre l'alcoolisme, le baclofène comporte des risques à doses élevées, prévient une étude de l'Agence du médicament. "Au vu des résultats de l'étude, la recommandation temporaire d'utilisation du baclofène (RTU) va être revue rapidement pour abaisser les doses autour de 75 mg." Le Dr Dominique Martin, patron de l'Agence du médicament, l'ANSM, prévient: "attention aux hautes doses!" De 180 mg à 300 mg/jour, l'agence considère qu'il aurait en effet un risque de surdose. Le baclofène, prescrit depuis quarante ans comme relaxant musculaire, est devenu très populaire en 2008 avec la parution du livre Le dernier verre d'Olivier Ameisen, un cardiologue depuis décédé, qui y racontait que ce médicament avait supprimé son envie de boire. Il fait l'objet d'une demande d'Autorisation de mise sur le marché (AMM) pour l'indication du traitement de l'alcoolo-dépendance. Mais une étude rendue publique ce lundi par l'ANSM estime que, utilisé à fortes doses pour traiter l'alcoolisme, il est associé à un risque de décès de plus du double par rapport à celui observé avec les médicaments commercialisés pour cette maladie. À hautes doses (plus de 180 mg/jour), le risque d'hospitalisation augmente de l'ordre de 50%, et le risque de décès est multiplié par 2,27, selon cette étude conduite par l'Assurance maladie (Cnamts) en collaboration avec l'ANSM et l'Inserm sur la période 2009 à 2015. Pour des doses entre 75 mg/jour et 180 mg/jour, le risque d'hospitalisation est modérément augmenté de 15% par rapport aux traitements disposant d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour traiter l'alcoolisme, mais le risque de décès est multiplié par 1,5. "Il n'y a pas une meilleure adhésion (des patients) au baclofène qu'aux autres traitements", remarque Dominique Martin. Le dossier AMM est en cours d'évaluation et l'avis devrait être rendu "avant la fin de l'année". Il prendra en compte cette étude, qui ne porte pas sur l'efficacité du baclofène mais sur son profil de sécurité qui n'est "pas bon, comparé aux autres médicaments sur le marché", estime encore le médecin. L'étude relève par ailleurs de surprenants usages du baclofène non validés par l'ANSM, "vraisemblablement" dans le traitement de la démence et des douleurs rhumatologiques et autre mal de dos. Ainsi, 11 500 personnes de plus de 80 ans ont été traitées par baclofène sur la période de 7 ans. C'est un rhumatologue qui a débuté ce traitement chez 3000 patients.

  • En Ecosse

    Vu la piètre qualité de l'élection présidentielle de cette année, je n'ose imaginer ce que sera la prochaine. J'ai évoqué cette question, durant un voyage de groupe à Glencoe que j'ai fait un peu avant le premier scrutin. Et il était clair que si nous nous retrouvions avec Le Pen et Macron au second tour, le débat serait de piètre qualité. Mais ces deux-là ont tout de même réussi à me surprendre : ils sont au-delà de ce que j'imaginais ! L'histoire de Whirlpool, en particulier, m'a dégoûté. Cela regarde tout de même 286 travailleurs qui vont perdre leur travail lorsque leur usine sera fermée en juin de l'année prochaine. C'est un exemple assez parlant des problèmes causés par la mondialisation. Cette situation constitue en tout logique un enjeu important pour les deux finalistes. Pour le pro-européen, c'est un sérieux problème auquel il doit faire face. A l'inverse, celle qui défend des idées nationalistes a là une occasion unique d'enfoncer son adversaire. Mais la manière dont les deux ont mené ce cas est véritablement consternante. Que Marine Le Pen aille jusqu'à fanfaronner avec un tel sourire sur le site de Whirpool est tout à fait indécent. Il était évident que ce n'était qu'une opération de com' dépourvue de fond ! Marine Le Pen ne s'intéressait pas au sort des employés, et elle a comme d'habitude fait l'article de ses pseudo remèdes miracles face à la mondialisation. Le pire, c'est que Macron a dû répondre et rejoindre l'usine, où il a évidemment été hué. Il a eu beau jouer la carte de la transparence et ne pas promettre la lune comme son adversaire, il ne fait aucun doute que les électeurs qui ont découvert l'affaire quelques heures plus tard ont surtout retenu la séance photos de Le Pen. Car à présent, on est plus facilement élu des experts en communication qu'avec un programme ! Quoi qu'il en soit, ce voyage de groupe en Ecosse était sublime. Si vous n'êtes jamais allé par là-bas, c'est très beau ! Voilà l'agence qui l'a concocté, si vous êtes à la recherche de votre prochaine destination vacances.

  • L’abus de l’état d’urgence

    Entre violence policière "disproportionnée" et liberté de manifester entravée, l'état d'urgence, en vigueur depuis dix-huit mois en France dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, a été "dévoyé", dénonce Amnesty international dans un rapport paru mercredi. Décrété le 13 novembre 2015 au soir des attentats de Paris et Saint-Denis (130 morts) pour contrecarrer de nouvelles attaques jihadistes, ce régime d'exception, qui donne davantage de pouvoir aux autorités administratives a été employé de manière "abusive", pointe ce rapport intitulé "Un droit, pas une menace : restrictions disproportionnées aux manifestations sous couvert d'état d'urgence". D'après des chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur à Amnesty international, les préfets ont eu recours à leurs pouvoirs d'urgence pour signer 155 arrêtés interdisant des cortèges, des réunions et des manifestations entre le 14 novembre 2015 et le 5 mai 2017. Quelque 639 mesures restreignant le droit de circuler ont été prises "explicitement" pour "empêcher des personnes de participer à des manifestations", notamment contre la loi Travail, ou encore à l'occasion de la COP-21 de décembre 2015. "Les mesures d'urgence ont été prises pour restreindre des droits", les autorités invoquant notamment "l'argument du manque d'effectifs policiers", remarque Marco Perolini, un chercheur d'Amnesty et l'un des auteurs du rapport, interrogé par l'AFP. Selon l'ONG, policiers et gendarmes se sont par ailleurs rendus coupables de "violations des droits humains" lors du maintien de l'ordre de rassemblements publics. Un grand nombre de violences "excessives, disproportionnées et arbitraires" ont été commises par les forces de l'ordre contre les manifestants, affirme Nicolas Krameyer, responsable du pôle liberté chez Amnesty France. Alors que, selon le ministère de l'Intérieur, 336 policiers et 45 gendarmes ont été blessés en encadrant des manifestations, "certains manifestants voulant en découdre physiquement avec les forces de l'ordre", des centaines de protestataires pacifiques ont été blessés par ces dernières, du fait de leur recours "excessif et non nécessaire à la force", déclare-t-il. Interrogé par Amnesty, les Street medics, un mouvement informel de secouristes, ont évalué à mille le nombre de manifestants qu'ils ont dû soigner de ce fait. Quelque 102 manifestants ont déposé plainte auprès de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) ou de la gendarmerie (IGGN), qui ne constituent que "la partie émergée de l'iceberg", selon le rapport. "Alors que je filmais, à une distance extrêmement respectable, les forces de l'ordre, on m'a jeté, sans sommation préalable, une grenade de désencerclement, qui a atterri à 30 centimètres de mes jambes", raconte M. Krameyer. L'état d'urgence, déjà prolongé à cinq reprises, devrait être reconduit jusqu'au 1er novembre. Si la mesure est votée et va à son terme, la France aura connu 23 mois consécutifs sous ce régime d'exception, un record. "Mais la menace terroriste sera encore là après le 1er novembre", observe Marco Perolini, qui craint que l'état d'urgence ne devienne "un état d'exception permanent".